Ronde(s)
Plus les jours passent, plus c'est de l'arrondi que j'éprouve ; tout en courbes, mamelons, jamais rien de tranché ni de sec. Lacets doux de la route, épousés par les bords de champs et dans les champs par les sillons eux-mêmes ; non pas du texte droit mais plutôt de la note, du chant. Plus loin un bref bosquet, têtes rondes. Cours sinueux de l'eau. Large globe des ciels empruntés par des nuées froufroutantes, mousselines blanc gris, ça fait bal dans le ciel. Jamais rien de raide non plus. Une terre gironde et les mottes grasses, brun gorgé et vaches placides, mottes de betteraves aussi, pas de tranchant. Même les toits des très vieux corps de ferme plissent et se courbent à la fin. Rien n'attaque le regard. C'est comme du corps plein, presque de la chair.